guerites

  • Le Valais Pays des guérites

    Suiisse 2007 Bibiday (143)

    Le Valais, terre de guérites

    Les vignes valaisannes appartiennent à 22'000 propriétaires différents. Elles se situent souvent dans des lieux éloignés des habitations, ou sur des parcelles morcelées en plusieurs endroits. Dans ces coins privés d’eau ou d’accès, les guérites ont joué un rôle fondamental, ce qui explique leur nombre impressionnant !
    En Valais, près de la moitié du vignoble est encore travaillée par ceux qu’on appelle les vignerons du samedi . La taille ou les vendanges ont un caractère amical, voire festif. La vigne revêt un caractère social très important, et la guérite, petite cabane posée au milieu des vignes, s’affirme comme le symbole de cet attachement à la terre et à la tradition familiale. Elle s’affiche aussi comme la marque d’une certaine promotion sociale.
    Tant de missions pour une si petite maison…

    La richesse et la diversité des usages des guérites

    Récupérer l’eau de pluie pour les traitements des vignes : certaines parcelles (surtout dans la région de Martigny) étaient dépourvues de toute source d’eau. Un système de gouttière sur la guérite permettait de remplir des bassins pouvant contenir jusqu’à 3000 litres. Cette eau servait à la préparation de la bouillie bordelaise, un traitement efficace contre les maladies comme l’oïdium et le mildiou. 
    Remiser les outils : avant la construction des routes, c’est l’abri idéal pour ranger les outils et le matériel viticole.  
    S’abriter, se protéger : les travailleurs des vignes peuvent s’y réfugier lorsque le soleil tape trop fort, ou en cas de pluie ou d’orages.
    Se retrouver entre bourgeois : les bourgeoisies possèdent des vignes et procèdent à des travaux en commun au moment de la taille (vignolage). La guérite devient un espace de rencontre, souvent très bien entretenu et fermé à clé.
    Loger le métral : les grandes familles patriciennes confiaient la gestion de leurs domaines à des « métraux », qui logeaient parfois avec leur famille dans la guérite. 
    Recevoir : les guérites se reconvertissent ! Certaines maisons de vin les transforment en espaces de réception pour leurs clients. Rénovées, confortables, elles permettent dégustations et découverte du vignoble.
    Accueillir les touristes : buvette accueillante pour promeneurs et objet culturel local… Il existe un Sentier des guérites à Fully depuis 1995.  Sur le Sentier viticole du Musée valaisan dela Vigne et du Vin, une guérite a été aménagée en espace d’exposition.
    Faire sa pub : les petites maisons colorées servent d’enseignes aux encaveurs.
    Se retrouver en famille : un lieu de loisirs pour partager un repas ou se reposer. Ces constructions proprettes aux allures de résidence secondaire sont parfois peu compatibles avec les travaux des vignes.

    Et nous pensons aussi aux milliers qui se sont connus lors de vendanges, courbés devant des pieds de vigne le sécateur à la main, qui se sont mutuellement barbouillés de raisin ou soignés les légères coupures qu'un ciseau maladoit leur avait faites ou frotté un dos endolori...ou... et qui soudain ont découvert combien il était doux que l'autre s'occupe de vous et que vous même vous occupiez de lui...ou d'elle.

    Qu'il vienne donc le temps des vendanges !