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  • L'acenseur de strépy-Thieu

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    L'ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu est le plus grand ascenseur à bateaux du monde.
    Situé sur le canal du Centre, entre les localités de Strépy-Bracquegnies (La Louvière) et Thieu (Le Roeulx), l'ouvrage permet à des péniches de 1350 tonnes de franchir une dénivellation de 73,15 mètres !

    Thieu se situe à l'extrémité sud de l'entité du Roeulx. Coupé en deux par le nouveau canal du Centre, ce village a payé un lourd tribut au progrès et à la modernité. Second en terme d'habitat après Le Roeulx, Thieu est aussi le village le plus accidenté avec une dénivellation de près de 100 mètres

    L'ascenseur à bateaux funiculaire de Strépy-Thieu, unique au monde, a été commencé en février 1982 (mais les études ont débuté plusieurs années auparavant) et a été inauguré 20 ans plus tard, le 30 août 2002. Il se trouve sur un tout nouveau canal, à la limite des entités du Roeulx (Thieu) et de La Louvière (Strépy). Ce canal, le "canal du Centre", est stratégiquement très important au niveau des voies navigables belges mais aussi européennes : il fait le lien entre les bassins de l'Escaut et de la Meuse, mais aussi entre le port et la région de Dunkerque et le bassin du Rhin.

    L'ascenseur funiculaire est destiné à permettre le franchissement d'une dénivellation de 73 mètres à des bateaux de 1350 tonnes. Sa hauteur est de 110 mètres et sa longueur de 135 mètres. Les bacs ont une dimension utile de 112 mètres sur 12: ils contiennent 8.000 tonnes d'eau et sont manœuvrés, grâce à un système de poulies et de câbles, à une vitesse de 20 centimètres à la seconde. Il faut un minimum de 40 minutes pour franchir l'ouvrage, procédures d'approche et de sortie comprises. Etant donné les caractéristiques sismiques propres à la région (et à toute la faille minière qui remonte vers Charleroi, Liège et l'Allemagne), l'ouvrage et ses fondations ont été prévus pour résister à des séismes relativement importants.

    L'ascenseur de Thieu a coûté 650 millions d'euros. Pendant un certain temps, le budget qui était alloué à sa construction représentait les deux tiers du budget total octroyé par la Wallonie aux investissements d'infrastructure. Son achèvement a été maintes fois remis en cause : en effet, les besoins des voies navigables ont diminué au cours des années et sa rentabilité était douteuse. Mais l'investissement déjà consenti ne pouvait être abandonné et, de nos jours, l'intérêt économique de la présence de ce géant semble de plus en plus réel : pas seulement au niveau de l'utilisation des voies navigables, mais aussi au niveau touristique.

    Car l'ascenseur est visitable. Les abords ont été aménagés en fonction de l'impact touristique attendu. L'accès depuis l'autoroute (Paris-Bruxelles et autoroute de Wallonie, sortie 21) est fléché et un grand parking est disponible au pied de l'ouvrage. Le visiteur pourra bénéficier d'explications complètes sur le fonctionnement de l'ascenseur et sur les innovations techniques que sa construction a suscitées, et il pourra également parcourir une exposition sous la forme d'un "parcours-spectacle".

    Sa taille dépasse l'imagination et il n'est possible de s'en faire une idée précise qu'en apercevant sa silhouette au-dessus d'un quartier du village de Thieu. Il faut noter que Thieu a payé un lourd tribu à la modernisation du canal : une centaine d'habitations ont été expropriées et détruites, et le village a été coupé en deux par le nouveau canal.

    Le nouvel ascenseur remplace quatre anciens ascenseurs hydrauliques, construits entre 1882 et 1917, et situés à proximité immédiate, sur l'ancien canal. Ils fonctionnaient sans énergie extérieure, uniquement grâce à la force de l'eau générée par la différence de niveau entre les deux biefs du canal. On peut visiter ce canal historique et ces ouvrages d'art à vélo ou à pied, en utilisant les voies de halage, mais aussi en embarquant sur un des bateaux de la Compagnie du Canal qui organise des excursions dès la bonne saison.